04.03.2007
Mondialisation, peur et liberté
La France a peur. Peur de la vache folle, peur des OGM, peur du bug de l’an 2000, peur du changement climatique, peur des chinois, peur des plombiers polonais. La France a peur de la mondialisation … Chaque corporation, chaque vieux parti politique prospère sur la peur. Et quels sont les remèdes contre cette peur proposés par ces derniers? Un état protecteur et un état stratège. CQFD.
En fait entretenir la peur de la mondialisation n’est qu’un nouveau moyen pour assujettir les citoyens. Des dirigeants responsables et respectueux des citoyens devraient pourtant dire à ceux-ci : n’ayez pas peur, la mondialisation est l’Histoire en marche, elle est une chance pour chacun !
A ceux qui ont peur d’un monde global moins humain, à tous les conservateurs et à tous les réactionnaires, il faut répondre que la mondialisation c’est aussi et surtout la mondialisation des valeurs, la mondialisation des droits de l’homme, de la démocratie et des cultures, que c’est aussi la mondialisation de l’échange et notamment de l’échange du savoir. Il faut répondre encore que plus de droits de l’homme, plus de démocratie et plus de savoir pour chaque habitant de ce monde, c’est cela le vrai humanisme. Les libéraux doivent dire à leurs concitoyens que la France ne peut pas rester sur le bord du chemin d’un monde nouveau qui n’est autre que celui qu’elle a inventé. Car après tout, la construction de la France c’est d’abord l’abolition des féodalités locales, la suppression des octrois, le remplacement du pouvoir autoritaire par la démocratie et le savoir pour tous. Ce parcours a donné aux Français la paix et la prospérité qui est la leur aujourd’hui. La mondialisation c’est ce même parcours pour tous les citoyens du monde. Le libéralisme, c’est la confiance dans la capacité des hommes à faire ce chemin vers la modernité.
A ceux qui ont peur pour leur emploi et celui de leurs enfants dans un monde ouvert à la concurrence, les libéraux doivent rappeler que ce sont les pays les plus ouverts à la mondialisation qui connaissent le moins de chômage. Les Français par leur culture et leur savoir, les produits français par leur créativité et leur qualité et les entreprises françaises par leur bonne gestion sont universellement reconnus et sont concurrentiels. Mais il y a quand même une condition : ne pas être entravé par l’Etat conservateur, la bureaucratie envahissante et le boulet de l’impôt. Etre libéral, c’est s’opposer à ces entraves, c’est libérer les énergies pour créer les emplois nouveaux que la mondialisation apporte.
Face à ceux qui pensent qu’il faut se protéger de la mondialisation par des quotas et des subventions, un libéral dénonce qu’on ne peut pas à la fois s’indigner à juste titre que près de 3 milliards d’hommes vivent avec moins de 2 dollars par jour et réclamer une subvention du même montant pour chacune de ses vaches. Un libéral ne supporte pas cette injustice.
A ceux enfin qui estiment que la mondialisation des marchés exige de nouvelles institutions permettant aux citoyens du monde d’être représentés et entendus, un libéral répond qu’ils ont raison. Le premier souci, sinon le seul souci d’un libéral, c’est le respect de la liberté individuelle et que jusqu’à présent aucun système politique ne respecte mieux cette liberté que la démocratie. Seul un libéral peut se battre pour une démocratie mondiale garante d’une allocation juste des richesses produites.
Pour un libéral, la mondialisation c’est d’abord et avant tout la liberté pour les hommes d’échanger, de se déplacer, de se parler, de s’aimer, bref de donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est une aventure enthousiasmante.
22:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mondialisation, peur, liberté, libéral, libéralisme
21.01.2007
Des vertus du libéralisme écologique
Le reportage de l’émission Capital sur la 6 ce soir consacré au tri sélectif des ordures ménagères apporte une magnifique démonstration des bénéfices du libéralisme et du désastre de l’étatisme (en l’occurrence représenté par les communes) en matière écologique.
La commune de Lyon a mis en place le tri sélectif des ordures en demandant à ses habitants de jeter dans deux poubelles distinctes les ordures recyclables et les ordures non-recyclables (à incinérer). Tant bien que mal les habitants y arrivent au prix d’un travail quotidien fastidieux. Une fois arrivées à la déchèterie, les ordures doivent encore être encore triées. Le reportage nous montre des machines rapides qui le font automatiquement. On se demande pourquoi d’ailleurs le premier tri a été demandé aux habitants alors que manifestement la chose est faisable industriellement. Enfin le reportage nous apprend que ce civisme permet à chaque foyer Lyonnais d’économiser 4 euros (oui 2 fois 2) par an sur sa taxe d’enlèvement d’ordures ménagères ! Deux remarques. La première remarque est qu’il est certain que rémunérer 4 euros le temps annuel passé les Lyonnais à trier leurs ordures (soit sûrement plusieurs heures) est une aberration économique (si j’osais, je dirais une escroquerie municipale). La seconde remarque est que le principal bénéficiaire du système est la « machine » municipale mise en place (ceci expliquant sans doute les 4 euros seulement pour les habitants).
La commune de Lille a mis en place un système identique sauf que les poubelles des contrevenants ne sont pas enlevées. En cas de récidive, ces dangereux délinquants ont droit à la visite de deux employés municipaux (on se demande pourquoi deux sinon que cela fait sûrement un électeur supplémentaire par équipe pour le maire) qui viennent faire la morale citoyenne. Et si le récidiviste persiste, il est verbalisé. Le système évidemment est toujours aussi inefficace au plan économique mais en plus les habitants interrogés sur leur « attitude non-citoyenne » ne veulent pas apparaître à visage découvert à la télévision. En d’autres termes, le système devient soviétique.
L’Alsace faisait l’objet du troisième reportage. Comme souvent, les élus de cette région font preuve d’une intelligence supérieure la moyenne nationale. L’Alsace a aussi mis en place un tri collectif sauf qu’il n’est pas obligatoire. Les poubelles de chaque habitant sont pesées grâce à une puce électronique lue par le camion ramasseur. La taxe d’enlèvement d’ordures ménagères est calculée sur le poids des poubelles de chacun. Le reportage nous montre un couple qui recycle à son domicile (en faisant notamment du compost pour son jardin) tellement ses déchets qu’il ne donne à l’enlèvement municipal qu’une seule poubelle par an ! Nous apprenons ainsi que l’Alsace a fort peu de déchets à recycler ou à incinérer collectivement. C’est de loin le système le plus écologique … CQFD
Hélas, il y a fort à parier que nos idéologues socialistes trouvent le système alsacien parfaitement inégal : les pauvres seuls trient leurs ordures et les riches peuvent se dispenser de cette corvée. L’optimum écologique (sans même évoquer l’optimum économique) passe évidemment loin derrière l’égalitarisme.
Nous pourrions faire la démonstration des vertus du libéralisme écologique dans nombre d’autres domaines.
23:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : libéralisme, écologie, environnement
02.01.2007
La Liberté est un droit naturel et fondamental
Mme Ségolène Royal « déclare que l'exécution de l'ancien dictateur irakien suscite en elle un sentiment indéfinissable de dégoût ». Quel que soit l’opinion de chacun sur la peine de mort (je suis contre la peine de mort), on aurait souhaité qu’elle exprime aussi son dégoût pour la dictature de Saddam Hussein lorsqu’il était au pouvoir et elle-même élue et membre du gouvernement. Mais Mme Royal font preuve d’une étonnante tolérance, quand elle ne témoigne pas même d’une certaine sympathie, pour les dictateurs surtout s’ils revendiquent une idéologie marxiste ou islamiste.
Ainsi Mme Royal ne semble pas « dégoûtée » par ses amis qui furent pendant de nombreuses années membres de « l’Amitié franco-irakienne » au même moment où Suddam Hussein massacrait son propre peuple. Lors de son récent voyage au Liban, Mme Royal n’a pas éprouvé de dégoût pour une milice islamiste qui utilise quotidiennement des enfants et des femmes comme bouclier humain. Pour ne pas se limiter au Moyen-Orient, elle compte également parmi son proche entourage politique de grands amis de Fidel Castro qui depuis son arrivée au pouvoir a fait fusiller plus de 17 000 opposants à son régime. Elle n’a pas de dégoût pour ce régime qui emprisonne encore aujourd’hui pour délit d’opinion ou simplement pour homosexualité !
Le dégoût de Mme Royal est très sélectif. Il est très convenu. Je considère que la Liberté n’a pas à être évaluée à l’aune de quelconques intérêts économiques ou sympathies idéologiques. La Liberté est un droit naturel et fondamental de tout homme.
00:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Saddam Hussein, Irak, Liberté
04.12.2006
Questions iconoclastes 1 et 2
Il y a quelques semaines j'invitais mes lecteurs à poser des questions "iconoclastes". Le mot veut dire "briseur d'images". Par extension et au sens figuré, est iconoclaste ce qui va à l'encontre de la tradition. Si je l'emploie ici comme adjectif de question, c'est que notre regard sur le monde est trop souvent celui de l'habitude et donc sans questionnement du pourquoi des choses. Poser la question du pourquoi sur ce qui nous semble évident ou très usuel est un exercice salutaire pour la liberté. Ces questions n'ont pas besoin d'être complexes. En fait, notre quotidien peut être utilement questionné de manière iconoclaste. C'est amusant et instructif.
Puisqu’il faut bien commencer, je vais moi-même vous poser deux questions :
- Pourquoi chaque station de métro parisien comporte-t-elle deux guichets ? Quiconque peut-il me dire s’il n’a jamais vu deux agents de la RATP servir en même temps des usagers faisant la queue devant les guichets ?
- Pourquoi le personnel navigant des avions fait-il une démonstration d’utilisation des gilets de sauvetage ? Quelqu’un a-t-il entendu parler d’un passager d’un avion qui s’est écrasé en mer et qui a été sauvé par son gilet de sauvetage, à l’exception de Tom Hanks dans « Seul au monde » ?
Si vous cherchez bien ces questions ont un lien entre elles.
00:56 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : liberté, iconoclaste, RATP, gilet de sauvetage, avion
27.11.2006
La fiscalité environnementale : un contresens
Il n’existe pas de problème qu’un nouvel impôt ne saurait résoudre. Tel est le credo économique de nos gouvernants, conservateurs ou socialistes, depuis fort longtemps. Comme l’environnement est désormais placé haut sur la liste des problèmes perçus par nos concitoyens, nous voyons apparaître tous les mois de nouvelles taxes environnementales. Au risque d’être rangé parmi les irresponsables environnementaux ou les profiteurs capitalistes, je vais appliquer dans cette note la raison là où la démagogie prévaut.
La critique facile à ce nouvel accès de fièvre fiscale pourrait être : pouvez-vous citer un seul impôt ayant jamais résolu le problème qu’il était censé résoudre ? La progressivité de l’impôt sur le revenu n’a jamais réduit les inégalités de revenus, le 1% logement n’a jamais résolu les difficultés d’habitation, les droits de douanes élevés n’ont jamais permis à une économie de devenir performante etc. Mais comme les étatistes sont d’incorrigibles optimistes et donc persuadés qu’on ne saurait hypothéquer les chances de réussite de leur formule à l’avenir au regard de son échec constant dans le passé, c’est sur le terrain de la raison économique que je vais me placer.
Le principe sur lequel repose la fiscalité environnementale est que le mécanisme de l’offre et de la demande sur un marché libre est incapable par lui-même de corriger les externalités négatives que constituent en l’occurrence la dégradation future de l’environnement causée par notre consommation. La défiance de la grande majorité de nos concitoyens vis-à-vis des mécanismes de marché est telle que ceux-ci acceptent sans critique ce principe.
Un esprit libre doit pourtant poser quelques questions :
1. Tout acte de consommation ou de production influe négativement et positivement sur l’utilité d’un autre agent ; si le prix n’est pas affecté par cette utilité, n’est-ce-pas que les influences positives équilibrent les influences négatives ? Ou en d’autres termes, est-on certain que le marché est inefficace ?
2. Si le marché est inefficace, la fiscalité est-elle l’instrument le plus approprié pour corriger les externalités négatives ?
Je constate que les gouvernants, fidèles à leur usage habituel de la peur pour assoir leur pouvoir, agitent toujours les externalités négatives et jamais les positives. Nos moyens de transport favorisés par des prix considérés comme trop faibles par les écologistes permettent pourtant une amélioration du bien-être de plusieurs milliard d’individus. Mais ce n’est pas sur ce terrain qui mérite pourtant plus de considération qu’accordée dans le débat public, que j’entends porter le principal de ma critique dans cette note pour me concentrer sur la seconde question.
Une nouvelle taxe environnementale a pour effet immédiat car mécanique soit de diminuer la consommation de l’objet taxé, soit de déplacer la consommation sur un objet non taxé, soit d’inciter l’agent taxé à augmenter son revenu, soit de diminuer l’épargne. A ce titre, on peut dire qu’une nouvelle taxe crée une externalité sur une autre consommation, sur le travail ou sur l’épargne. La question doit donc être posée de savoir si cette externalité est positive ou négative au regard de l’effet recherché, à savoir en matière environnementale la diminution de la pollution. Je maintiens que personne n’est capable de répondre à cette question car d’une part personne ne sait mesurer le coût global des externalités et donc quantifier le montant de la taxe nécessaire pour corriger ces externalités et d’autre part personne ne sait même déterminer le seul périmètre des externalités. Quand bien même ce coût et ce périmètre seraient identifiés à l’instant « t », ils varient en permanence et les taxes restant longtemps fixes (en montant ou en pourcentage), celles-ci deviennent rapidement inappropriées et donc inefficaces. Enfin, une dernière objection et non la moindre, peut être faite à la taxe. A moins d’être mondiale, ce qui n’est jamais le cas, elle ne fait que déplacer la pollution (souvent pour l’aggraver ailleurs) ou la freiner temporairement. Elle n'élimine jamais globalement et définitivement la pollution.
Existe-t-il des mécanismes économiques auxquels ces objections ne peuvent être faites ?
La réponse est assurément partiellement affirmative. Je les exposerai dans une note à venir.
00:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fiscalité, taxe, environnement, pollution, externalité

